Mercredi soir. Une soirée calme, banale en apparence. Et pourtant, elle allait me propulser dans un face-à-face numérique avec un escroc. Tout commence par un message anodin reçu sur WhatsApp : « Salut ». Rien de plus classique. Mais rapidement, le ton change : « Pouvez-vous me venir en aide de 150 dollars à rembourser le samedi ? »
Ce type de demande, surtout lorsqu’elle arrive sans contexte, sonne toujours une alarme dans l’esprit de quiconque a l’habitude des pratiques frauduleuses sur les réseaux sociaux.
En quelques secondes, l’analyse s’impose : ce n’est pas mon ami qui m’écrit, mais un usurpateur. Quelqu’un s’est emparé de son numéro de téléphone, ou tout au moins de son compte WhatsApp. Pour en avoir le cœur net et mieux comprendre le mode opératoire, je décide de jouer le jeu. Je lui demande le numéro de transfert et le nom du destinataire. Réponse : « 0839988538 avec le nom Précieuse. »
C’est là que commence le contre-piège. Je lui envoie un faux message de confirmation :
« L’argent envoyé au +243839988538 – PRÉCIEUSE le 21-05-2025 à 19:00:03.
Montant : 1500,00 USD
Frais : 10,24 USD
Réf : CEJ150LOCVXT
Solde disponible : 10,24 USD. »
Et j’ajoute : « Svp, j’ai commis une erreur en envoyant 1500 dollars américains au lieu de 150 dollars. Retournez-moi 1350 dollars. »
Le piège a fonctionné. L’escroc, flairant qu’il vient d’être doublé à son propre jeu, se replie en marmonnant : « Respecte ta personnalité. » Et l’échange s’arrête là.
Cette anecdote, aussi cocasse que révélatrice, met en lumière une problématique préoccupante : la recrudescence des arnaques par usurpation d’identité sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, il suffit qu’un cybercriminel s’empare d’un compte pour semer le trouble dans la vie de dizaines de contacts.
Leçon majeure : ne jamais envoyer de l’argent à quelqu’un sur la base d’un simple message, même si celui-ci semble provenir d’un proche. Toujours vérifier par un autre canal — appel vocal, vidéo, message audio — qu’il s’agit bien de la bonne personne.
Dans cet écosystème numérique en constante mutation, la prudence n’est plus une option : elle est une obligation. Trop de victimes, trop de pertes, trop de silences. Il est temps que chacun devienne un maillon actif dans la lutte contre la cybercriminalité.
Restons vigilants. Éduquons nos proches. Et surtout, ne baissons jamais la garde.
Parce qu’en ligne, l’ennemi ne dort jamais.
Dépêche d’un internaute
