Kisangani, 11 juin 2026 : — L’Assemblée provinciale de la Tshopo a annoncé la mise en place imminente d’une commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur l’utilisation de 3,6 millions de dollars américains décaissés par le gouvernement central pour la réhabilitation de la Route nationale n°7 (RN7), sur l’axe Kisangani–Opala–Otala, long de 309 kilomètres.
L’annonce a été faite mercredi 10 juin 2026 par le Président de l’organe délibérant, le Dr Mateus Kanga Londimo, au cours d’une séance plénière, à la suite d’une demande formulée par les députés provinciaux, préoccupés par l’arrêt des travaux lancés en septembre 2024 et confiés à l’entreprise Kas Logistique.
Selon plusieurs élus, seuls quelques kilomètres ont été exécutés avant la suspension du chantier, sans qu’une communication officielle claire ne soit fournie sur les raisons de cet arrêt. Dans ce contexte, la commission d’enquête aura pour mission d’établir les circonstances de cette interruption, d’auditer l’utilisation des fonds publics engagés et de déterminer les responsabilités éventuelles dans la gestion de ce projet.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que la RN7 constitue un axe stratégique pour la province de la Tshopo, reliant la ville de Kisangani au territoire d’Opala et desservant d’importants bassins agricoles. À ce titre, elle joue un rôle essentiel dans l’acheminement des produits vivriers, notamment le riz, le manioc et le maïs, vers les marchés urbains.
Or, l’état de dégradation avancée de cette route, combiné à l’arrêt des travaux de réhabilitation, continue d’entraver la circulation des biens et des personnes. Lors de la plénière, les élus ont ainsi souligné que cette situation a des répercussions directes sur le panier de la ménagère à Kisangani, les difficultés d’évacuation des produits agricoles depuis les zones de production vers les centres de consommation ayant contribué à une hausse sensible des prix de plusieurs denrées de base, en particulier le riz.
Face à ces constats, plusieurs députés provinciaux estiment que la population est en droit d’obtenir des explications claires sur la gestion du financement de 3,6 millions USD alloué à ce projet, d’autant plus que, dans une province où l’agriculture demeure la principale source de subsistance pour une large partie de la population, la question des infrastructures routières revêt un caractère crucial pour le développement économique et la sécurité alimentaire.
Les modalités de fonctionnement ainsi que la composition de la commission d’enquête devraient être rendues publiques dans les prochains jours, selon des sources parlementaires.
CELCOM / AP Tshopo
