Tshopo : Le Gouverneur ad-intérim Didier Lomoyo ouvre une session cruciale sur les concessions forestières communautaires de Yainyongo

Redaction
502 Views

KISANGANI, 20 novembre 2025Au Centre Monseigneur Grison, devenu pour deux jours l’épicentre du débat forestier en Province de la Tshopo, le gouverneur ad-intérim Didier Lomoyo Iteku a officiellement lancé, ce jeudi, une session de clarification et de conciliation autour du dossier sensible des Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL) de Yainyongo.

La cérémonie s’est déroulée devant un aréopage d’autorités — Président intérimaire de l’Assemblée provinciale, députés provinciaux, membres du gouvernement provincial et ceux du comité Provincial de sécurité, notabilités locales, représentants de CIFOR-ICRAF et chefs des secteurs concernés — preuve de l’importance stratégique accordée à cette rencontre.

Un appel solennel au respect des textes en matière de foresterie communautaire

Dans son discours d’ouverture, le gouverneur ai. Didier Lomoyo a planté le décor : la convocation de cette session répond à la nécessité de faire respecter strictement le cadre légal régissant la foresterie communautaire en RDC.
Il a rappelé que les CFCL de Yainyongo disposent bel et bien d’un Arrêté d’attribution obtenu conformément aux procédures prévues par le Code forestier, et que leur mise en œuvre est accompagnée techniquement par CIFOR-ICRAF.

Cependant, des obstacles persistants dans l’exécution opérationnelle du projet ont imposé l’organisation d’un espace de dialogue formel :

« La présente session vise à garantir le strict respect des textes légaux, face aux difficultés observées dans la mise en œuvre effective des CFCL de Yainyongo. »

La foresterie communautaire, pilier d’une gouvernance forestière inclusive

Le gouverneur a rappelé les bases juridiques et philosophiques de la foresterie communautaire en RDC. Inscrite dans le Code forestier, elle permet aux communautés locales d’obtenir gratuitement la gestion des forêts dont elles sont les gardiennes coutumières.
Un mécanisme essentiel, selon Lomoyo, pour associer réellement les communautés riveraines, y compris les peuples autochtones, à la gestion durable des forêts.

Et les chiffres en Tshopo témoignent de l’adhésion populaire :

  • 14 concessions forestières déjà attribuées ;
  • 31 dossiers supplémentaires affichés et en cours d’analyse.

« La foresterie communautaire est un moteur de sécurisation foncière et un levier crucial d’amélioration des conditions socio-économiques des communautés forestières », a souligné le gouverneur.

Un enjeu national inscrit dans la lutte contre le changement climatique

Le discours du gouverneur s’est également inscrit dans la dynamique nationale.
Il a rappelé que la RDC, à travers sa Contribution Déterminée Nationale (CDN) révisée en 2021, a fait de la foresterie communautaire l’une des solutions fondées sur la nature pour bâtir une économie durable, résiliente et à faible émission carbone.

En ce sens, la Tshopo joue pleinement sa partition :
une province à haute couverture forestière, centre névralgique des initiatives de gestion participative des ressources naturelles.

Une session technique pour apaiser les tensions et aligner les acteurs

La rencontre, placée sous la supervision du Professeur Jean-Denis Likwandjandja, Conseiller principal en charge de l’Environnement, réunit des experts multidisciplinaires mobilisés pour clarifier les procédures, harmoniser les compréhensions et prévenir les tensions sociales souvent liées à la gestion foncière forestière.

S’inspirant des réflexions de Raymond Aaron et d’Albert Camus, Didier Lomoyo a appelé les participants à un climat de sérénité, d’écoute et de collaboration :

« Tout le monde a droit à la parole, mais dans l’ordre et selon la méthodologie définie. »

Il a rappelé, dans un ton ferme, que le pays n’est pas « une jungle où chacun peut vivre en libertinage », appelant à une stricte conformité aux textes légaux.

Une mise en garde contre toute dérive susceptible de fragiliser la paix

Le gouverneur ad-intérim a replacé le débat forestier dans le contexte sécuritaire national.
Il a rappelé que la Tshopo demeure un maillon stratégique dans la lutte contre les menaces pesant sur l’Est du pays, exhortant les communautés à éviter toute action pouvant dégénérer en conflit ou en manipulation :

« Toute élucubration susceptible de glisser vers les déchirures intercommunautaires fera face à la rigueur de la loi. »

Un message clair, faisant écho aux instructions fermes du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à qui il a rendu un hommage appuyé pour ses efforts continus en faveur de la paix et de la stabilité.

FROK