Bafwasende : un infirmier tué lors d’un acte de justice populaire sur fond de rumeurs liées à Ebola

Redaction
134 Views

BAFWASENDE, Tshopo – La peur suscitée par la maladie à virus Ebola aurait-elle conduit à un drame dans le territoire de Bafwasende ? Un infirmier de l’aire de santé de Kenge a perdu la vie et une autre personne a été grièvement blessée à la suite d’un acte de justice populaire survenu ce samedi dans le quartier Ligili, au centre du territoire de Bafwasende, situé à plus de 260 kilomètres de Kisangani, sur la route nationale numéro 4 (RN4), axe Kisangani-Bunia.

Selon les informations rapportées, les deux victimes auraient été prises pour cible par des habitants qui les accusaient de répandre, dans une source d’eau, des produits susceptibles de provoquer la maladie à virus Ebola. Cette accusation, qui reste à établir, aurait déclenché des violences aux conséquences dramatiques.

Le bilan provisoire fait état d’un mort, identifié comme un infirmier affecté à l’aire de santé de Kenge, et d’un blessé grave, pris en charge à l’Hôpital général de référence de Bafwasende.

Face à cette situation, l’Organisation de la société civile pour la paix au Congo (OSPC), antenne de Bafwasende, condamne fermement ces violences et met en garde contre les conséquences des rumeurs et de la désinformation en période d’épidémie.

« La peur, les rumeurs et la désinformation autour de la maladie à virus Ebola ne doivent pas conduire au meurtre », déplore Célestin ALOZA, de l’OSPC/Bafwasende.

Pour cette organisation citoyenne, les accusations liées à la propagation de la maladie ne sauraient justifier des actes de violence contre des personnes. Elle appelle plutôt à la responsabilité de la population et au recours aux autorités compétentes pour vérifier toute information suspecte.

L’OSPC exige une enquête

Au regard de la gravité des faits, l’OSPC/Bafwasende exige l’ouverture d’une enquête afin d’établir les circonstances exactes de ce drame et d’identifier les responsabilités.

« Voilà pourquoi nous exigeons une enquête afin d’établir la responsabilité », déclare Célestin ALOZA.

Alors que la lutte contre Ebola nécessite la vigilance, la collaboration communautaire et la confiance envers les acteurs sanitaires, cet incident rappelle les dangers que peuvent représenter les fausses informations en période de crise sanitaire.

Il convient de rappeler qu’une accusation concernant la contamination d’une source d’eau ne constitue pas, à elle seule, une preuve de propagation du virus. De telles allégations doivent être vérifiées par les services sanitaires et les autorités compétentes, plutôt que de donner lieu à des représailles populaires.

À Bafwasende, l’urgence est désormais de faire la lumière sur ce drame, de prévenir de nouvelles violences et de renforcer la sensibilisation de la population afin que la peur d’Ebola ne se transforme pas en une menace supplémentaire pour les vies humaines.