Deux jours après le lancement officiel des associations agricoles nationales à Durba, en territoire de Watsa, les agriculteurs du Haut-Uele ont échangé, lundi dernier, avec des délégués venus du Bas-Uele, de l’Ituri, de la Tshopo et du Nord-Kivu. La rencontre, tenue à la paroisse centrale de l’Église CHRISCO Durba sous la facilitation du professeur Jean-Robert Nzanza Bombiti, a permis d’évoquer les enjeux liés à l’adhésion en association et au développement de cultures telles que le cacao, le café et le riz, considérées comme porteuses pour l’économie locale.
Durant les échanges, les participants ont posé de nombreuses questions liées à la production, à l’entretien et au rendement de ces spéculations agricoles. Les délégués, forts de l’expérience de leurs milieux respectifs, ont partagé des approches basées sur le modèle coopératif et l’organisation collective, considérées comme leviers essentiels pour surmonter les limites des moyens individuels.
Pour Augustin Paluku, représentant de l’ASSECAF au Nord-Kivu, l’avenir est prometteur pour les agriculteurs du Haut-Uele à condition de persévérer. « Je vous encourage d’aller de l’avant. Vous avez fait un choix qui profitera à vous et aux générations futures. Commencez même par un demi-hectare, puis augmentez progressivement. La culture du cacao et du café demande des efforts au départ, mais elle finit par vous reposer », a-t-il déclaré. Selon lui, l’association protège des difficultés individuelles et permet de réduire la jalousie au sein des communautés : « Si vous êtes seul riche dans un village, il y aura des problèmes. Associez les autres à l’initiative. »

De son côté, Julien Masikini, inspecteur territorial de l’agriculture de Beni, a rappelé que le développement agricole à Beni est le fruit de l’organisation collective. « C’est cette voie associative qui nous a permis d’avancer », a-t-il souligné, invitant les agriculteurs du Haut-Uele à maintenir leur cohésion.

Même son de cloche du côté du Bas-Uele où l’inspecteur provincial, ingénieur Atupa Anyama Alpha, a insisté sur les coûts élevés des cultures industrielles : « Ces cultures nécessitent des moyens pour le matériel, le personnel, les traitements. Mais ensemble, nous pouvons produire et évoluer collectivement. »

Dans la Tshopo, l’inspecteur provincial Augustin Milambo a encouragé les associations du Haut-Uele à collaborer avec le projet WAVE basé à l’IFA-Yangambi, notamment pour l’accès aux produits de traitement. Il a appelé à la continuité de la démarche coopérative initiée.

Jules Anedoa, inspecteur provincial de l’agriculture de l’ituri affirme pour sa part :
« Je suis très heureux de la création de cette association. C’est notre association, car elle n’appartient ni au gouvernement, ni aux occidentaux. C’est pourquoi nous devons tous fournir des efforts pour contribuer à son développement et à sa réussite. »
Localement, le coordonnateur de la structure et leader religieux, Bishop David Kwala, a rappelé l’objectif fondamental de la mutualisation : « Nous avons choisi l’association pour que notre voix soit entendue au niveau provincial et national. Il est important que l’État sache qui est agriculteur et où il travaille. Si assistance il y a, qu’elle arrive directement à l’agriculteur et non par des intermédiaires. »
Il a précisé qu’aucun droit d’adhésion n’est exigé : il suffit de se reconnaître agriculteur et de vouloir avancer ensemble.

Selon lui, l’association ouvre l’accès aux opportunités : engins agricoles, semences, laboratoires de sol, partenaires nationaux et internationaux. « Seul, on peut échouer. Ensemble, on peut réussir », a-t-il conclu.
Au terme des échanges, les délégués ont quitté Durba convaincus que l’avenir agricole du Haut-Uele repose sur l’union, la discipline et la vision. Une dynamique que les agriculteurs locaux disent désormais prêts à porter haut.
FROK
