Kisangani : le Centre Provincial de Transfusion Sanguine lance un cri d’alarme face à la pénurie de sang

Redaction
711 Views

Kisangani, 26 août 2025 – Le Centre Provincial de Transfusion Sanguine (CPTS-Tshopo) traverse une crise profonde depuis plus d’une décennie. Son coordonnateur, le docteur Cherubin Mbongo, tire la sonnette d’alarme : faute de moyens financiers et de soutien institutionnel, l’approvisionnement en poches de sang reste largement insuffisant pour couvrir les besoins de la population.

Créé en 2014 et intégré aux programmes du ministère de la Santé publique, le CPTS-Tshopo a pour mission de rendre disponible et accessible du sang sécurisé aux malades. Pourtant, dans la seule ville de Kisangani, où la demande annuelle dépasse 11 000 poches, l’offre a chuté drastiquement. « Depuis que les partenaires ont cessé leur appui, nous fonctionnons en mode d’autofinancement », déplore le docteur Mbongo.

Le Centre s’appuie tant bien que mal sur la Fédération des donneurs bénévoles de sang (FEDOBESA), présente dans les zones de santé et certaines communes avec des sites de collecte. Mais cette collaboration se fait sans aucun financement. Résultat : le taux de donneurs bénévoles reste très loin de l’objectif. Selon le coordonnateur, au moins 2 % de la population de Kisangani devraient donner régulièrement leur sang pour couvrir les besoins, mais la proportion réelle demeure marginale. « Nous espérons atteindre un jour 80 % de donneurs bénévoles », insiste-t-il.

Cette carence entraîne des pratiques à haut risque. En cas de rupture de stock dans la banque du sang, les familles sont contraintes de se tourner vers des « donneurs universels », des personnes qui monnayent leur sang. Or, ce sang n’est pas toujours testé avant transfusion, ouvrant la voie à la transmission de maladies graves telles que l’hépatite virale, le VIH/Sida, la syphilis, le Mpox ou encore la drépanocytose.

À cette fragilité structurelle s’ajoute la précarité du personnel. Nombreux agents du CPTS ne perçoivent pas le salaire de l’État et se contentent d’une prime locale jugée dérisoire.

Le cri d’alarme du docteur Cherubin Mbongo résonne comme un appel urgent aux autorités et aux partenaires pour sauver un service vital. Sans un sursaut de solidarité et un investissement durable, les vies en détresse continueront à se perdre faute d’un simple geste : le don de sang.

VTL