Kisangan, 10 avril 2026 — Une scène pour le moins inhabituelle, aux relents sécuritaires et mystiques, s’est produite dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 avril 2026 au domicile de Dismas Kitenge Senga, président du conseil d’administration intérimaire du FRIVAO et figure bien connue de la société civile à Kisangani.
Dans une alerte diffusée sur les réseaux sociaux, le président de l’ONGDH Groupe Lotus rapporte qu’entre 2h et 2h30 du matin, lui et sa famille ont été surpris par la présence d’une femme non identifiée, retrouvée entièrement nue à l’intérieur de leur parcelle, précisément dans une jeep Pajero en panne.
Une intrusion aux contours inquiétants
Selon le témoignage de l’activiste, la suspecte se livrait à ce qui s’apparenterait à des incantations, accompagnée d’un carton contenant divers objets jugés suspects : poudre, rameaux, parfums et d’autres substances à forte odeur. Ce sont les cris inhabituels et les propos incompréhensibles de la femme qui ont alerté les enfants de la famille.
Refusant dans un premier temps de quitter le véhicule, la femme aurait même tenté d’attirer l’un des fils de la maison à la rejoindre. Ce n’est qu’après insistance qu’elle a consenti à sortir, toujours dans un état de nudité partielle, certains effets personnels étant contenus dans son carton.
Des déclarations troublantes
Soumise à un interrogatoire improvisé, la femme a affirmé avoir été envoyée par des individus dont elle a refusé de révéler l’identité. Elle a toutefois déclaré résider dans la commune de Kabondo, à environ trois kilomètres du lieu de l’incident, sur la 7ᵉ avenue, et être venue de l’Est de la République démocratique du Congo, où elle aurait séjourné il y a quelques mois.
Face à la gravité de la situation et au risque de justice populaire, Dismas Kitenge Senga a pris la décision de faire escorter la suspecte, après qu’elle se soit partiellement rhabillée, vers le poste de police le plus proche, situé au rond-point Comboni, dans le quartier Plateau Boyoma.
Tension avec une patrouille de police
En cours de route, non loin de la paroisse Anuarite, le groupe a été intercepté par une patrouille de police. Selon le récit, les agents auraient tenté de relâcher la suspecte, la qualifiant de « folle », tout en exigeant une somme d’argent pour procéder à son transfert au sous-commissariat.
Cette tentative a suscité une vive tension entre les jeunes du quartier, farouchement opposés à toute libération, et les éléments de la police. Après un échange houleux et des explications fermes du président du Groupe Lotus, la suspecte a finalement été conduite au poste de police.
Une enquête attendue
Actuellement gardée à vue, la femme a été formellement identifiée et enregistrée par les services de sécurité. Si elle semble jouir de ses facultés mentales, certains de ses comportements laissent planer le doute quant à la cohérence de ses déclarations.
Pour Dismas Kitenge Senga, il est impératif que les enquêtes en cours permettent d’élucider les circonstances exactes de cette intrusion et d’identifier d’éventuels commanditaires, afin que les responsabilités soient établies et que la loi soit appliquée avec rigueur.
Appel au calme et à la vigilance
Dans son message, l’activiste a salué la retenue des jeunes du quartier et des voisins, qui ont évité un lynchage, privilégiant la voie légale. Un geste de responsabilité citoyenne dans un contexte où les rumeurs et les croyances peuvent rapidement conduire à des débordements.
Cet incident relance le débat sur la sécurité des domiciles privés à Kisangani, mais aussi sur la gestion, par les forces de l’ordre, des situations atypiques mêlant troubles psychiques présumés et soupçons d’actes criminels organisés.
Les prochaines heures seront déterminantes pour faire toute la lumière sur cette affaire aux multiples zones d’ombre.
Intrusion nocturne à Kisangani : une femme nue interpellée dans la parcelle de Dismas Kitenge Senga
