Kisangani, 11 septembre 2025 – La République démocratique du Congo franchit une étape décisive dans la protection de son patrimoine naturel. Trois provinces du nord-est du pays – le Bas-Uele, le Haut-Uele et la Tshopo – viennent de prendre part à une vaste consultation en vue de l’élaboration de la nouvelle politique nationale sur la faune sauvage. Cette initiative du gouvernement central, appuyée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), vise à renforcer la conservation de la biodiversité tout en intégrant les besoins des communautés locales fortement dépendantes des ressources naturelles.

Pendant trois jours, du 9 au 11 septembre 2025, les acteurs provinciaux réunis au Guest House Ninive, dans la commune de Makiso à Kisangani, ont confronté leurs expériences et exprimé leurs attentes. Les travaux ont été sanctionnés par un discours de clôture prononcé par Me Lambert Anyakango, directeur de cabinet de la ministre provinciale de l’Environnement de la Tshopo.
Un processus participatif et inclusif
Les participants – représentants des services publics, autorités traditionnelles, chercheurs, acteurs de la société civile et partenaires techniques – ont formulé une série de recommandations jugées essentielles pour garantir le succès de la future politique nationale.

Au cœur de leurs résolutions :
- L’accompagnement politique, technique et logistique de la mise en œuvre ;
- La création d’institutions spécialisées et de juridictions adaptées, y compris des tribunaux dédiés à la faune ;
- L’adoption de textes légaux et réglementaires conformes à la Constitution, avec une restauration effective des sanctions ;
- La mise en place d’un fonds national financé par l’État et alimenté en partie par les taxes liées à la déforestation, à la pollution ou encore au carbone ;
- L’éducation environnementale permanente, intégrée dès le système scolaire ;
- La valorisation économique des ressources à travers l’écotourisme, la transformation locale et la promotion d’alternatives à la viande de brousse ;
- L’inclusion sociale par la création de cliniques vétérinaires dans les jardins zoologiques et parcs.
Un enjeu de survie pour la biodiversité congolaise
Au-delà des réformes juridiques et institutionnelles, les assises ont insisté sur la nécessité d’impliquer toutes les parties prenantes – autorités, communautés locales, secteur privé et partenaires internationaux – afin d’assurer une appropriation collective. La vulgarisation en langues nationales, la sensibilisation communautaire et l’encadrement de filières alternatives comme l’élevage d’aulacodes figurent parmi les pistes proposées pour réduire la pression sur la faune sauvage.
« Cette consultation démontre que la conservation ne peut réussir que si elle prend en compte les réalités locales et si elle garantit des bénéfices concrets aux populations », a déclaré madame Longonya, l’une des participants à la clôture.
Une étape clé avant l’adoption nationale
Ce processus consultatif s’inscrit dans une série d’ateliers provinciaux destinés à alimenter le document stratégique final de la politique nationale de la faune sauvage. Le gouvernement espère qu’en s’appuyant sur ces contributions, la RDC pourra non seulement renforcer la protection de ses espèces menacées mais aussi valoriser durablement son immense richesse écologique au bénéfice des générations présentes et futures.
FROK
