Dans un amphithéâtre archicomble de l’ISC Kisangani, l’engagement politique et diplomatique s’est conjugué à la pédagogie parlementaire, ce mercredi 18 février 2026, à l’initiative de l’honorable Grâce Neema Paininye, Questeure adjointe à l’Assemblée nationale.
Face à un public composite – étudiants, enseignants, autorités politico-administratives – parmi lesquelles le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, et le rapporteur assumant l’intérim du président de l’Assemblée provinciale, l’honorable Paul-Ruffin Lokesa Bomboli – l’élue d’Ango (Bas-Uele) a animé une conférence-débat de haute facture sur le thème : « Paix politique et développement de la Grande Orientale face à l’Accord de Washington ».

Un témoignage direct sur un tournant diplomatique
Présente à Washington lors de la signature de l’accord entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, la parlementaire a livré un témoignage de première main sur ce qu’elle considère comme un « tournant historique » pour la RDC.
Au cœur de son intervention : la reconnaissance internationale. Selon elle, l’Accord de Washington consacre « la fin d’une injustice », en affirmant que les richesses congolaises ne sauraient être exploitées ou bradées par des tiers.
« Ce que nous avons est à nous », a-t-elle martelé, insistant sur la souveraineté minière comme pilier de la stabilité nationale. Pour l’oratrice, aucun État étranger n’a de droit sur les minerais congolais, et la consolidation de cette position sur la scène internationale constitue une avancée diplomatique majeure.

Préparer l’élite à la nouvelle donne
Au-delà de la rhétorique souverainiste, l’honorable Grâce Neema a interpellé l’élite congolaise. Les partenaires internationaux, a-t-elle expliqué, manifestent un regain d’intérêt pour la RDC. Mais cet intérêt impose responsabilité et préparation.
« Quand ils viennent vers les Congolais, ils doivent trouver des Congolais prêts », a-t-elle lancé, appelant à la formation, à l’intégrité et à une gestion publique fondée sur la foi, l’amour de la patrie et l’intérêt collectif.
Dans son analyse, la paix politique ne peut être dissociée du développement. Elle a salué les initiatives diplomatiques du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à restaurer la paix et à attirer les investisseurs en RDC. Une dynamique qui, selon elle, doit bénéficier en priorité aux provinces riches en ressources, notamment l’espace de la Grande Orientale.
La Grande Orientale face à son destin
Région bénie en ressources minières, la Grande Orientale se trouve à un carrefour stratégique. Pour la Questeure adjointe, la question n’est plus seulement celle de la possession des richesses, mais de leur transformation en infrastructures et en opportunités.
Écoles, routes, hôpitaux, emplois : la députée nationale a insisté sur l’obligation morale et politique de convertir le potentiel minier en développement humain durable. « La paix n’est pas un slogan, mais un choix quotidien », a-t-elle souligné, invitant l’assistance à construire ensemble un avenir commun fondé sur la stabilité et la responsabilité.

Une profondeur philosophique au débat
La dimension intellectuelle de la rencontre a été renforcée par l’intervention du professeur Trésor Grison Kakumbi Belumba. Philosophe de formation, il a proposé une réflexion sur les fondements éthiques de la paix et du dialogue, explorant les contours conceptuels et pratiques de ces deux notions.
Pour lui, la paix politique ne se décrète pas : elle se construit par le dialogue sincère, la reconnaissance mutuelle et la primauté de l’intérêt général sur les ambitions particulières.
À travers cette conférence-débat, l’ISC Kisangani s’est transformé en véritable agora républicaine. Entre diplomatie internationale, responsabilité parlementaire et réflexion philosophique, la rencontre aura posé les jalons d’un débat essentiel : comment faire de la paix politique le socle d’un développement effectif et inclusif pour la Grande Orientale et, au-delà, pour toute la République démocratique du Congo.
FROK
