KISANGANI, LES ÉCRIVAINS BOYOMAIS ATTENDUS LE 21 NOVEMBRE POUR CÉLÉBRER LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ÉCRIVAIN AFRICAIN

Redaction
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Kisangani, 6 novembre 2026 – La littérature africaine sera à l’honneur le 21 novembre prochain à Kisangani, dans la province de la Tshopo. Initialement prévue dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de l’écrivain africain, commémorée chaque 7 novembre, la cérémonie a été reportée en raison de contraintes financières. L’annonce a été faite ce vendredi 6 novembre par Simon ABUNZO, président de l’Union des écrivains du Congo, section provinciale de la Tshopo, dans un entretien accordé à depechesdelatshopo.com.

Cette journée, dont l’histoire est étroitement liée à la création de la Pan-African Writers Association (PAWA), ou Association panafricaine des écrivains, constitue un rendez-vous important pour la promotion de la littérature africaine. Fondée à Accra, au Ghana, du 7 au 11 novembre 1989, lors de son congrès constitutif placé sous le thème « Unité africaine, une libération de l’esprit », cette organisation a contribué à l’institutionnalisation de cette célébration.

C’est en 1991, à l’occasion de la conférence des ministres africains de l’Éducation et de la Culture, tenue à Cotonou, au Bénin, que le 7 novembre a été officiellement retenu comme Journée internationale de l’écrivain africain.

Au-delà de son caractère commémoratif, cette journée vise à célébrer les écrivains du continent et de sa diaspora, à valoriser la diversité des langues et des cultures africaines, mais également à rappeler le rôle fondamental de la littérature dans la construction de l’identité, la consolidation de l’unité et la promotion du développement de l’Afrique.

Abordant la définition de l’écrivain, Simon ABUNZO estime que la simple capacité d’écrire ne suffit pas pour revendiquer ce statut. Pour lui, l’écrivain est avant tout un être habité par une nécessité profonde et permanente de créer par les mots.

« Un écrivain, c’est celui qui ne peut pas s’empêcher d’écrire. Pour lui, écrire est une maladie sacrée. Tant qu’il n’a pas encore écrit, il ne se sent vraiment pas bien », explique-t-il.

Une conception qui rejoint, sous différents angles, les réflexions de plusieurs grandes figures de la pensée et de la littérature. Le philosophe français Jean-Paul Sartre considère l’écrivain comme celui qui choisit de dévoiler le monde et l’homme aux autres hommes. De son côté, le poète sénégalais Léopold Sédar Senghor voit en l’écrivain africain, non pas un berger, mais le griot de son peuple, porteur de sa mémoire et de ses aspirations.

Cette mission de préservation du patrimoine culturel rejoint également la célèbre pensée de l’intellectuel malien Amadou Hampâté Bâ, selon laquelle « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Pour Simon ABUNZO, l’écrivain apparaît ainsi comme le pompier qui sauve cette bibliothèque avant qu’elle ne disparaisse dans les flammes de l’oubli.

La littérature au service de la paix, de l’unité et du développement

Pour marquer cette célébration dans la Tshopo, l’Union des écrivains du Congo prévoit une cérémonie le 21 novembre 2026, de 9 heures à 12 heures, dans la salle polyvalente Bienheureuse Anuarite Nengapeta de l’archidiocèse de Kisangani.

Placée sous le thème : « L’écrivain boyomais face au défi de la paix, de l’unité et du développement de la Tshopo », cette rencontre entend interpeller les hommes et les femmes de lettres sur leur responsabilité dans la construction d’une société pacifique, unie et tournée vers le progrès.

Le programme prévoit notamment une exposition des ouvrages des écrivains boyomais et tshopolais, destinée à faire découvrir la richesse de la production littéraire locale. Deux interventions thématiques sont également annoncées. La première portera sur la place et la responsabilité de l’écrivain boyomais face aux enjeux de paix, d’unité et de développement de la province. La seconde, qui sera développée par Monseigneur l’évêque auxiliaire de Kisangani, abordera le thème : « L’écrivain, témoin de la vérité et de la foi ».

Par ailleurs, sous réserve de la mobilisation des moyens nécessaires, l’Union envisage de décerner des médailles à certains doyens de la littérature et de remettre des brevets de mérite à plusieurs écrivains de la ville de Kisangani, en reconnaissance de leur contribution au rayonnement des lettres.

Conscient des difficultés auxquelles se heurte la promotion de la culture dans la région, Simon ABUNZO déplore la faible consommation des produits culturels dans la ville de Kisangani. Il lance, à cet effet, un appel à la mobilisation de toutes les personnes éprises de littérature.

« Nous invitons tous les hommes et toutes les femmes qui aiment les lettres à être au rendez-vous le 21 novembre à la salle polyvalente Bienheureuse Anuarite Nengapeta de l’archidiocèse de Kisangani, de 9 heures à 12 heures. Venez nombreux participer à cette fête de portée internationale et surtout africaine », a-t-il exhorté.

À travers cette célébration, les écrivains de la Tshopo entendent rappeler que la littérature ne se limite pas à l’art de manier les mots. Elle constitue également un instrument de mémoire collective, de transmission des valeurs, de défense de la vérité et de transformation sociale. Un rendez-vous qui se veut ainsi une occasion de mettre en lumière la contribution de l’écrivain au devenir de la société tshopolaise.

FROK