Kisangani : déguerpis du site Kimbanguiste, les déplacés du conflit Mbole – Lengola lancent un cri d’alarme

Redaction
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À Kisangani, la situation humanitaire des déplacés issus du conflit Mbole et Lengola suscite de vives inquiétudes. Depuis le jeudi dernier, ces familles qui vivaient sur le site de l’église kimbanguiste situé au PK 9 sur la route Simi-Simi ont été déguerpies, les laissant sans abri ni assistance. Désemparés, ils lancent un appel pressant aux autorités politico-administratives ainsi qu’aux organisations humanitaires.
Selon les témoignages recueillis sur place, cela fait déjà une semaine que ces hommes, femmes et enfants vivent sans toit. Leur expulsion ferait suite à une incompréhension avec certains fidèles de l’église kimbanguiste. Le coordonnateur adjoint des déplacés, Likema Banza, explique que la situation s’est brusquement détériorée, contraignant ces familles à quitter les lieux dans des conditions difficiles.
D’après les victimes, l’opération de déguerpissement se serait déroulée aux premières heures de la journée, aux alentours de 4 heures du matin. Face à des menaces et sous pression, elles affirment avoir été forcées d’abandonner le site, emportant avec elles le strict minimum. Une situation qui a accentué leur vulnérabilité déjà préoccupante.
Privés d’alternative, ces déplacés ont trouvé refuge devant le bureau administratif du quartier Plateau Médical, dans la commune Makiso, où ils passent désormais la nuit à la belle étoile. Le chef de quartier, Ndjekesuku Wembonyama Antoine, déplore leurs conditions d’hébergement précaires et alerte sur les risques sanitaires et sécuritaires auxquels ils sont exposés. Il promet de faire rapport aux autorités.
La société civile de la Tshopo( MSCC) par la voix de son coordonnateur provincial Bosengi Ngolis, appelle à une intervention urgente des autorités compétentes afin de trouver une solution durable à cette crise. Il insiste sur la nécessité d’une assistance humanitaire immédiate pour soulager ces populations en détresse.
Déterminés, ces déplacés affirment ne plus vouloir retourner au site de PK 9 Simi-Simi, préférant faire face à l’incertitude actuelle plutôt que de revivre les tensions qui ont conduit à leur expulsion.
Toutes les tentatives pour joindre les responsables de l’église kimbanguiste de Simi-Simi sont restées vaines. Pendant ce temps, ces familles continuent de survivre dans des conditions extrêmement précaires, dans l’espoir d’une réponse rapide des autorités et des acteurs humanitaires.

Venancie BITANGILI