« Et toi, que fais-tu pour la paix ? » Tribune du CT Christophe Kondanga, vice-gouverneur honoraire du Bas-Uele

Redaction
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Lorsqu’un homme d’expérience et de conviction prend la plume pour éclairer les consciences, le silence n’est plus permis. C’est avec une rare profondeur que Christophe Kondanga Lemonde, chef de travaux et vice-gouverneur honoraire du Bas-Uele, s’est exprimé dans une tribune vibrante, plaçant les droits de l’homme au cœur du processus de paix. Un texte nourri de réflexion spirituelle, d’enseignements juridiques et d’un sens aigu de la responsabilité citoyenne.

Avec une entrée en matière ancrée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’auteur convoque l’idée fondamentale de la dignité humaine comme pilier de toute société juste et pacifique. Loin des discours convenus, il nous entraîne ensuite dans une relecture magistrale de l’Évangile selon Matthieu (22,15-21), où le dilemme posé à Jésus par les pharisiens et les hérodiens devient un miroir des tensions actuelles entre pouvoir politique et autorité morale.

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Ce verset, souvent instrumentalisé, est remis en perspective par l’abbé André Colliard, que cite M. Kondanga, pour qui la séparation entre le temporel et le spirituel ne signifie en aucun cas une équivalence ou une neutralité du religieux face aux abus du pouvoir. Bien au contraire, elle souligne la prééminence de l’ordre divin, lequel appelle au respect de la vie humaine – valeur suprême, trop souvent bafouée en temps de conflit.

L’ancien vice-gouverneur ne se limite pas à une dénonciation abstraite. Il met en lumière la consécration juridique du droit à la paix, notamment à travers la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, soulignant qu’en Afrique comme ailleurs, la paix n’est pas un luxe ni une faveur, mais un droit fondamental. Ceux qui pensent que les droits humains sont l’affaire des puissances occidentales « se rendent coupables d’un mépris honteux envers la dignité intrinsèque de chaque Africain », écrit-il en citant avec force Maître Mitoyenne Lubiala, du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

À travers cette tribune, Christophe Kondanga Lemonde lance un appel à l’introspection collective : que faisons-nous, chacun à notre niveau, pour bâtir la paix ? Participons-nous à la réconciliation ou contribuons-nous à la fragmentation ? Ce questionnement, bien loin de la rhétorique, résonne comme un devoir de mémoire et d’action.

Dans une province comme le Bas-Uele, marquée par les défis du développement, de la cohésion et de la justice, cette voix expérimentée rappelle avec lucidité que la paix durable ne peut exister sans un socle solide de droits humains respectés et promus. En homme d’État et de foi, Christophe Kondanga pose un acte fort : celui de replacer la conscience au cœur de la politique.

Et si c’était cela, l’éveil dont notre société a tant besoin ?