Dieudonné MUSHAGALUSA interpellé : La Société Civile Dynamique Républicaine dénonce des allégations  » sans fondement  » sur Dungu et Watsa

Redaction
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ISIRO – Dans une lettre ouverte dont une copie est parvenue à la rédaction de depechesdelatshopo.com, la Société Civile Dynamique Républicaine met en cause les déclarations du Coordonnateur National du Panel des Experts de la Société Civile de Kinshasa, M. MUSHAGALUSA Dieudonné, concernant un prétendu conflit minier dans les territoires de Dungu et Watsa, en province du Haut-Uélé.

Signée par son président national, LITUTA AHMED GARRY, la missive dénonce des « allégations sans fondements aucuns » relayées sur les réseaux sociaux et sur les antennes de Radio Okapi. Selon l’organisation, le Panel des Experts de Kinshasa a affirmé l’existence d’un affrontement entre les coopératives minières WANDO MINING et WANGA MINING, sans avoir, dit-elle, vérifié les faits sur le terrain.

« Nous vous informons qu’il n’y a jamais eu, depuis leurs implantations dans la Province du Haut-Uélé, des conflits provoquant des tensions sécuritaires et sociales », écrit la Société Civile Dynamique Républicaine. Elle accuse le Panel de Kinshasa d’avoir conclu à l’existence d’un conflit « sans pourtant prendre connaissance des faits ».

Le rôle du Gouverneur défendu

L’organisation républicaine s’élève également contre la remise en cause de l’autorité du Gouverneur du Haut-Uélé. Elle estime qu’il relève de ses compétences de saisir les services techniques provinciaux pour régler les différends fonciers.

« Dire que Son Excellence Monsieur le Gouverneur du Haut-Uélé, œuvrant dans la sphère de ses compétences, n’a pas qualité d’établir un Ordre de Mission aux Responsables des Services de Cadastre Minier et de la Division Provinciale des Mines du Haut-Uélé, c’est vraiment méconnaître les textes légaux du pays et manquer tout simplement du respect à l’Autorité de Gouverneur de Province, représentant légal du Chef de l’Etat en Province », souligne la lettre.

La societe civile Dynamique Républicaine rappelle que le Gouverneur a été saisi par écrit par les deux parties au sujet des limites de leurs périmètres de recherche. Il a ensuite transmis le dossier aux directions provinciales concernées, lesquelles ont sollicité une descente sur terrain. C’est dans ce cadre que l’Ordre de Mission Collectif N° 01/JBG/q/259/CAB/PROGOU/P.H-U/J/2026 a été signé pour « régler le litige et trouver des solutions durables ».

Des accusations de manipulation

Le document qualifie d’« alerte urgente » et de « spéculation organisée » les informations diffusées par le Panel de Kinshasa sur une mission du Gouverneur dans les territoires de Dungu et Watsa. Il dénonce une tentative de « affaiblir la cohésion provinciale avec des prédictions ».

La lettre va plus loin en contestant les allégations sur la présence de militaires dans les deux sites. Selon la Société Civile Dynamique Républicaine, leur déploiement s’inscrit « dans le cadre des opérations sécuritaires de la Province du Haut-Uélé, qui fait face à des attaques des ennemis de la paix », et non dans une logique d’exploitation aurifère.

Un rappel à l’éthique de la société civile

La Dynamique Républicaine interpelle directement la Coordination Nationale du Panel des Experts sur le rôle des services techniques provinciaux et met en garde contre une instrumentalisation du dossier. Elle rappelle que M. MUSHAGALUSA a déjà été cité comme « élément causal » lors du conflit de limites entre deux tribus de Dungu et Faradje après les élections de 2023.

« Et aujourd’hui, vous êtes dans le conflit minier opposant les Coopératives minières WANDO MINING et WANGA MINING, là où, vous faites montre de votre prise de position pour un groupe de gens. Nous vous prions d’arrêter de semer la confusion entre les filles et fils du Haut-Uélé. Le Haut-Uélé est une Province d’hospitalité », conclut le texte.

Pour la Société Civile Dynamique Républicaine, la société civile congolaise doit agir dans le respect de son éthique et de sa déontologie, en rappelant qu’elle « n’est pas une institution » mais un acteur de veille et de médiation.

L’affaire relance le débat sur la responsabilité des organisations de la société civile dans la gestion de l’information sensible en province, alors que le Haut-Uélé demeure une zone sensible en raison de ses ressources minières et de sa situation sécuritaire.