Le séjour kinois du ministre provincial de la Fonction publique, de l’Emploi et du Travail de la Tshopo, Ghislain Mogenya Baraka, se déroule sous haute intensité. Loin d’un simple passage administratif, la mission de l’homme fort de la Fonction publique dans cette province du nord-est de la RDC s’apparente à un véritable marathon politique et technique, dans un contexte où les enjeux liés à l’emploi et à la régulation du travail prennent une dimension nationale.

Inspection du travail : un cri d’alarme justifié
L’un des temps forts de cette mission a été sa rencontre avec l’Inspecteur général du Travail, Ezéchiel Mpiana. À cette occasion, Ghislain Mogenya a levé le voile sur une série de dysfonctionnements qui paralysent le bon fonctionnement de l’inspection du travail dans la Tshopo. En toile de fond, la problématique de l’octroi de la carte de travail pour les étrangers, véritable casse-tête administratif.
Le ministre a mis en exergue une procédure alambiquée, marquée par l’absence de coordination entre les services impliqués : ouverture du dossier au niveau provincial, paiement anticipé à la DGRAD sans l’aval préalable de la Commission nationale de l’emploi des étrangers, et absence de capture biométrique préalable. Une aberration bureaucratique qui rend pratiquement impossible l’obtention en bonne et due forme de la carte de travail, faute de visa de travail que la DGM elle-même refuse de délivrer sans ladite carte. Un cercle vicieux kafkaïen que le ministre appelle de ses vœux à briser par l’installation, dans chaque province, d’un bureau technique autonome dédié aux formalités et à la capture.
Par ailleurs, Ghislain Mogenya n’a pas manqué de soulever la question du local actuel de l’inspection du travail à Kisangani, jugé inadapté et incapable d’abriter l’ensemble du personnel.
En réaction, l’inspecteur général du travail Ezéchiel MPIANA a promis de visiter la province de la Tshopo dans un proche avenir afin de trouver solution aux problèmes lui posés.

Fonction publique : mécanisation et justice administrative au cœur des échanges
Mercredi 7 mai 2025, le ministre a été reçu par la Secrétaire générale de la Fonction publique personnel actif Madame Bafalanga Thérèse, dans son bureau à Kinshasa. Une audience stratégique consacrée à deux priorités : la mécanisation des agents et fonctionnaires de la Tshopo et le sort des nombreux « omis » et « nouvelles unités », ces travailleurs fantômes du système qui attendent une reconnaissance administrative et salariale depuis des années. Ghislain Mogenya a plaidé pour une prise en charge effective de ces catégories, afin de restaurer la justice et l’efficacité dans la gestion des ressources humaines de l’État.

Échange d’expériences avec le sénateur Jean Bamanisa : une leçon de leadership
La mission du ministre provincial s’est également enrichie d’une rencontre à forte teneur politique avec le sénateur élu de la Tshopo, Jean Bamanisa Saidi. Une figure incontournable de la scène politique congolaise, dont le parcours – député national et provincial, ancien gouverneur de l’Ituri et de l’ex-Province Orientale, cadre de la FEC – force le respect. Auprès de ce vétéran de l’administration et du développement régional, Ghislain Mogenya Baraka est venu puiser conseils et orientations. Entre deux échanges d’expériences, le jeune ministre a pris note des stratégies de gouvernance et des défis structurels ayant marqué les mandats de son aîné.
Une mission pour la réforme
Ce séjour dans la capitale traduit la volonté du ministre Ghislain Mogenya de transformer les dysfonctionnements structurels en chantiers de réforme. À la croisée des réalités locales et des politiques nationales, la Tshopo semble trouver en lui un interlocuteur résolu à défendre ses intérêts dans les hautes sphères décisionnelles.
FROK
