Ce qui devait être un simple lieu d’échange commercial s’est transformé en véritable zone de non-droit. Le petit marché érigé sur la route menant à l’aéroport international de Bangboka, précisément entre la 6ᵉ et la 9ᵉ avenue Angemant, au quartier Chololo, dans la commune de Kisangani, ne cesse de semer le chaos dans la circulation. La situation y est devenue critique au point d’inquiéter sérieusement les riverains.
Il suffit de passer dans ce secteur pour constater de visu le désordre ambiant : des vendeurs d’eau en sachet débordant sur l’espace réservé aux piétons, des marchandes de brèdes et de feuilles de manioc (pondu) obstruant totalement l’entrée de la 7ᵉ avenue. Résultat : les piétons, contraints de zigzaguer entre les étals, partagent désormais la chaussée avec motos, voitures et camions. Un mélange explosif qui conduit inévitablement à des accidents, devenus presque quotidiens.
Pas plus tard que ce lundi matin, un enfant de moins de cinq ans a été violemment percuté par un motard, un taximan tentant d’éviter de justesse un attroupement de vendeuses installées en plein milieu de la voie. L’enfant, grièvement blessé, a été conduit d’urgence vers un centre médical. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ses parents sont toujours introuvables.
Ce drame de trop a ravivé la colère et l’inquiétude des habitants du quartier. Nombreux sont ceux qui appellent les autorités locales à agir rapidement et fermement. Leur revendication est claire : que les vendeurs regagnent les emplacements à l’intérieur du marché et libèrent définitivement la chaussée pour garantir la sécurité des usagers.
« Nous ne sommes pas contre le commerce, mais pas au prix de nos vies. Chaque jour, c’est la peur au ventre quand on traverse cette route », confie une mère de famille, résidente de la 8ᵉ avenue.
Face à l’urgence, les autorités communales sont appelées à faire respecter les règles d’occupation de l’espace public. Car si rien n’est fait, la situation pourrait déboucher sur des conséquences encore plus tragiques. La route doit rester à ceux pour qui elle est destinée : les usagers, et non les marchands.
Affaire à suivre.
JRAD
