Agriculture congolaise: Sortir de la survie, entrer dans l’industrie, c’est ce que propose le Pr Nzanza Bombiti

Redaction
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L’agriculture congolaise, souvent présentée comme un géant endormi, pourrait bien amorcer son réveil. C’est en tout cas ce que plaide avec conviction le professeur Jean-Robert Nzanza Bombiti, ancien gouverneur du Bas-Uele et expert en développement agricole, qui était l’invité de l’émission interactive « Parole aux auditeurs » sur Radio Okapi ce lundi 21 avril 2025.

Autour du thème : « Structuration des filières agricoles et développement de l’écosystème agro-industriel », le professeur Nzanza Bombiti a dressé un tableau à la fois prometteur et préoccupant du secteur agricole en République Démocratique du Congo. Selon lui, malgré ses atouts naturels considérables – plus de 80 millions d’hectares de terres arables – la RDC peine à faire de l’agriculture un véritable levier de développement économique.

« Sans structuration des filières ni écosystème agro-industriel fonctionnel, ce potentiel reste dormant », a-t-il martelé.

Une réforme de fond attendue

Pour l’ex-gouverneur, il est impératif d’opérer une transformation structurelle du secteur, en mettant l’accent sur la structuration territoriale des filières agricoles stratégiques, notamment celles du manioc, du riz, du maïs, du cacao et du café. Il préconise la mise en place de blocs de production organisés, où les producteurs sont regroupés, formés et encadrés, mais aussi l’installation d’unités locales de transformation capables de créer de la valeur ajoutée.

« Il ne s’agit pas seulement de produire, mais de transformer et de vendre localement. C’est à ce niveau que réside la souveraineté agricole », explique-t-il.

L’écosystème agro-industriel : une dynamique intégrée

L’expert insiste également sur la nécessité de bâtir un véritable écosystème agro-industriel, un cadre où producteurs, transformateurs, chercheurs, bailleurs, logisticiens et autorités publiques interagissent de manière cohérente dans une logique de chaîne de valeur intégrée.

« L’agriculture congolaise ne doit plus être une activité de survie, mais une industrie verte, génératrice d’emplois, de devises et de stabilité économique », affirme-t-il, soulignant que ce changement nécessite une volonté politique forte et une gouvernance territoriale de proximité.

Leçons du passé et cap vers l’avenir

Réagissant à une question sur les politiques agricoles antérieures, le professeur Nzanza Bombiti a reconnu l’existence de nombreux plans depuis les années 1970, mais dont l’impact est resté marginal faute de structuration territoriale et d’ancrage industriel. Pour lui, le Programme de développement local des 145 territoires constitue une opportunité historique, à condition d’intégrer pleinement les dynamiques agricoles dans la planification.

« Ce n’est qu’en connectant les infrastructures rurales à des filières productives que nous parviendrons à une transformation durable », a-t-il conclu.

Son message est clair : le temps n’est plus aux discours, mais à l’action structurée. Et si la RDC ose enfin organiser son agriculture comme une industrie à part entière, elle pourrait non seulement nourrir sa population, mais aussi devenir un grenier régional, voire continental.
Comme il est de coutume pour cette émission et compte tenu de la pertinence et de l’importance de la thématique, à travers le téléphone ouvert, les innombrables auditrices et auditeurs de la radio onusienne éparpillés dans différentes provinces de la RDC et à travers le monde ont posé plusieurs questions auxquelles l’invité a apporté des réponses claires et précises.