Kisangani, 15 novembre 2025. — Les rideaux sont tombés ce vendredi sur l’atelier de renforcement des capacités des autorités politico-administratives de la zone d’intervention de l’ONG APEM dans la province de la Tshopo. Pendant trois jours, cadres territoriaux, responsables administratifs et acteurs locaux ont revisité en profondeur les procédures, enjeux et exigences encadrant l’attribution des concessions forestières des communautés locales (CFCL), un mécanisme au cœur de la foresterie communautaire en RDC.
Organisée par Action pour la Promotion et la Protection des Peuples et Espèces Menacés (APEM), cette session de formation visait à outiller les dirigeants locaux afin qu’ils jouent pleinement leur rôle dans les différentes étapes du processus d’attribution des CFCL. À travers exposés, travaux pratiques et échanges interactifs, l’atelier a permis de consolider la compréhension du cadre institutionnel et juridique de la foresterie communautaire et d’en clarifier les enjeux techniques.
Clarifier, harmoniser et responsabiliser les acteurs locaux
Au menu : rappel des interventions de l’APEM et de ses partenaires dans la Tshopo, présentation de l’évolution du processus de foresterie communautaire en RDC, analyse des nouveaux outils techniques (notamment le format actualisé des TRMAFC et les actions prioritaires des Groupes Techniques de Travail), introduction au fonctionnement de la base de données nationale et état des lieux des CFCL déjà attribuées.
Les participants ont également examiné la cartographie des compétences, les rôles à jouer pendant la phase d’attribution, les étapes procédurales ainsi que les délais légaux. Des exercices de simulation ont été menés afin d’améliorer la qualité du traitement des dossiers, en évitant les erreurs déjà observées dans la province.
L’atelier a aussi servi de cadre pour identifier les écueils rencontrés dans la mise en œuvre de la foresterie communautaire et proposer des stratégies afin de prévenir les mauvaises pratiques. Enfin, les participants ont reçu plusieurs supports pédagogiques, dont le Décret 14/018, la note circulaire 006 sur la prise en compte du genre, ainsi que des guides imagés en français et lingala.
Des impressions positives et un regain d’espoir
Au terme des travaux, les participants ont exprimé leur satisfaction.

Pour François Batumbu, président du Conseil consultatif provincial des forêts de la Tshopo, l’atelier a permis de comprendre avec précision « la première étape essentielle, celle de la demande initiée par la communauté locale et validée par l’assemblée locale communautaire, qui constitue le socle du dossier menant à l’attribution d’une CFCL ».

ATA OPALA
Du côté d’Opala, territoire aux multiples enjeux forestiers et abritant une partie du Parc national de la Lomami, l’administrateur du territoire assistant chargé des questions politiques et administratives, Guylain Tapo Bomongo, estime que la formation va « permettre une harmonisation des vues avec les responsables de l’ICCN et une meilleure gestion des tensions entre communautés locales et gestionnaires du parc ».

Pour Jean-Pierre Botomoito Bosunga, chef de secteur Yalikandja-Yanonge dans le territoire d’Isangi, l’impact sera direct : « Tous les participants savent désormais quoi faire. Une fois de retour, nous allons sensibiliser nos communautés afin qu’elles s’approprient pleinement les initiatives de foresterie communautaire ».
Vers plus de 100 CFCL en Tshopo d’ici 2026 ?

Confiant mais lucide, Bernard Adebu Abdallah, directeur de programme de l’APEM, reconnaît que les défis restent nombreux. Toutefois, il demeure optimiste :
« Avec les résultats déjà partagés avec la coordination provinciale de l’environnement, nous pouvons espérer dépasser les 100 concessions forestières communautaires dans la Tshopo d’ici fin 2026. »
Le ministère encourage, mais rappelle les responsabilités

Dans son allocution de clôture, Edgar Bombole, chef de la division de la foresterie communautaire au ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie, a salué l’initiative de l’APEM et l’appui des partenaires techniques et financiers.
Il a insisté sur un point essentiel :
« La communauté locale est la première partie prenante du processus. Ce ne sont pas les accompagnateurs qui initient les demandes, mais bien les communautés elles-mêmes. Toutefois, en raison des faiblesses constatées dans les aspects techniques et financiers, un renforcement des capacités s’imposait. Le respect strict de la réglementation évitera les retards dans la signature des arrêtés d’attribution. »
Un cadre propice au travail
Les échanges ont eu lieu dans le calme et la convivialité du Guest House Joli Rêve, situé dans la commune de Makiso à Kisangani, cadre qui a servi d’espace de travail et de réflexion à l’ensemble des participants.
FROK
