La journée « Lubunga commune morte », annoncée avec insistance par plusieurs groupes de pression et structures de la société civile pour ce lundi 15 juin, a donné lieu à des appréciations contradictoires quant à son niveau d’adhésion au sein de la population.
Dès les premières heures de la matinée, plusieurs observateurs ont fait état d’une situation apparemment normale dans cette commune de la rive gauche du fleuve Congo. Selon ces constats, la menace de paralysie n’aurait pas perturbé le quotidien des habitants, les marchés, boutiques et certains services administratifs ayant ouvert leurs portes comme à l’accoutumée.
Une version vivement contestée par les organisateurs du mouvement. Contacté à ce sujet, le président de la société civile SAUTI YA LUBUNGA, Me Prince Héritier Isomela Abedi, affirme que le mot d’ordre a été largement respecté. S’appuyant sur des vidéos réalisées sur le terrain, il soutient que la majorité des établissements scolaires de la commune n’ont pas fonctionné, à l’exception de deux écoles privées où quelques élèves ont été aperçus.
Selon lui, plusieurs boutiques ainsi que des marchés sont restés fermés durant une bonne partie de la journée. Il indique également que seule la traversée au niveau du beach géré par l’Association des Navigateurs Fluviaux de Kisangani (ANAFLUKIS) a repris ses activités après l’intervention de la Police nationale congolaise qui aurait dispersé les organisateurs de la manifestation présents sur le site.
« Le mot d’ordre a été respecté à près de 90 %. Nous félicitons les organisateurs ainsi que la population de Lubunga pour leur mobilisation », a déclaré Me Prince Héritier Isomela Abedi, précisant qu’aucune arrestation ni incident majeur n’avait été enregistré jusqu’à la mi-journée.
Cette journée d’action intervient dans un contexte marqué par des revendications citoyennes liées notamment à l’évolution de certains travaux et aux préoccupations de développement de la commune.
La veille, le Conseil communal des jeunes de Lubunga avait toutefois pris une position contraire. Dans une déclaration publique, son président, Francis Samene Maître, avait affirmé qu’aucune journée morte ne devrait être observée dans la commune.
Appelant particulièrement les jeunes au calme, à l’unité et à la responsabilité, il avait estimé que les travaux de la voirie en cours évoluaient normalement et qu’il convenait d’en observer l’évolution avant d’envisager toute autre forme d’action. Le Conseil communal des jeunes avait également invité les habitants à privilégier le dialogue et à demeurer engagés en faveur du développement de Lubunga.
Une chose demeure néanmoins certaine : la mobilisation du 15 juin a remis au centre du débat les préoccupations exprimées par une partie de la population de Lubunga, dans un climat resté globalement calme et sans incidents majeurs.
Frok
