Kisangani : En colère, les fidèles de la 13ᵉ CBFC dénoncent une arrestation jugée arbitraire de Rev. Docteur Kupenza et deux autres pasteurs.

Redaction
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À Kisangani, la capitale provinciale de la Tshopo, la voix de l’Église protestante s’est élevée dans l’espace public. Le vendredi 30 janvier 2026, la 13ᵉ Communauté Baptiste du Fleuve Congo (CBFC), région ecclésiastique du Haut-Fleuve, a organisé une marche pacifique pour dénoncer ce qu’elle qualifie d’atteintes graves aux droits fondamentaux et au droit de propriété de l’Église.


Au cœur de la mobilisation : l’arrestation jugée arbitraire du révérend professeur docteur Emmanuel Kupenza Makelele, secrétaire régional de la 13ᵉ CBFC, ainsi que de deux autres pasteurs, et la spoliation présumée d’un terrain appartenant à la paroisse de Yaliélé, située dans la commune de Makiso. Un dossier à la croisée des chemins entre justice, gouvernance foncière et libertés religieuses.
Partis de la paroisse Yaliélé, les manifestants — composés de révérends pasteurs, diacres et fidèles — ont parcouru plusieurs grandes artères de la ville, arborant des banderoles et scandant des messages appelant au respect de l’État de droit, à la justice distributive et aux libertés fondamentales garanties par la Constitution congolaise. La marche, encadrée et pacifique, s’est voulue une interpellation citoyenne des pouvoirs publics plutôt qu’un acte de confrontation.
Arrivés à l’esplanade du cabinet du gouverneur de province, les responsables de la 13ᵉ CBFC ont remis un mémorandum au vice-gouverneur de la Tshopo, Didier Lomoyo Iteku, assurant l’intérim du gouverneur. Dans ce document, l’Église sollicite l’implication personnelle des autorités provinciales afin de résoudre le conflit foncier et d’aboutir à la restitution du terrain de Yaliélé, acquis à l’époque du Congo belge en 1928 par des missionnaires baptistes occidentaux dans le cadre de l’évangélisation.

Le Vice-gouverneur reçoit le mémo

Ce rappel historique n’est pas anodin. Il met en lumière la fragilité persistante du régime foncier en République démocratique du Congo, où l’insécurité juridique autour des terres — y compris celles appartenant aux confessions religieuses — continue d’alimenter tensions sociales et contentieux judiciaires. Pour la 13ᵉ CBFC, ce dossier dépasse le simple différend foncier : il engage le respect de la mémoire missionnaire, la liberté de culte et la crédibilité de la justice.
En réceptionnant le mémorandum, le vice-gouverneur Didier Lomoyo Iteku a appelé les manifestants au calme et à la patience, les exhortant à se conformer aux Saintes Écritures et à faire confiance aux institutions de la République. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à accompagner toute démarche légale visant une solution juste et durable. Séance tenante, il a convié l’équipe dirigeante de la 13ᵉ CBFC Haut-Fleuve à une rencontre afin d’approfondir le dossier et d’en maîtriser tous les contours.

L’espace à problème

Dans un contexte national marqué par la volonté affichée de consolider l’État de droit, la 13ᵉ CBFC a, de son côté, réaffirmé son attachement à la paix et à la cohésion sociale, valeurs chères au protestantisme et en droite ligne avec la vision prônée par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.