Kisangani : ICCN et FFI organisent trois jours de réflexion sur le parc national de la Maiko.

Redaction
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Par FROK

Kisangani, 14 juillet 2025 — C’est au nom du gouverneur de province en mission que le vice-gouverneur Didier Lomoyo Iteku a lancé, ce lundi, les travaux de la réunion ordinaire du Comité de Coordination du Site (CoCoši) du Parc National de la Maiko. Organisée par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) avec l’appui de l’ONG britannique Fauna & Flora International, cette session cruciale de trois jours, du 14 au 16 juillet, se tient au Guest House Le Triangle à Kisangani.

Vice-gouverneur Didier Lomoyo

Cette rencontre élargie marque un moment fort dans la gouvernance environnementale de la province de la Tshopo, et plus largement, de tout le massif forestier oriental. Elle réunit autorités provinciales, experts de l’ICCN, représentants des communautés riveraines, partenaires techniques et financiers ainsi que divers acteurs de la conservation pour réfléchir sur les enjeux actuels du Parc National de la Maiko (PNM) et les solutions durables à y apporter.

Dans son mot d’ouverture, après avoir rendu hommage au chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le vice-gouverneur Didier Lomoyo Iteku invite tous les participants à une attention soutenue et à l’abnégation à travers tous les mécanismes mis en place pour ce faire.

Une biodiversité en danger

Situé  à cheval entre les provinces de la Tshopo, du Nord-Kivu et du Maniema, le Parc National de la Maiko demeure l’un des sanctuaires écologiques les plus riches, mais aussi les plus menacés de la République Démocratique du Congo. Entre présence de groupes armés, pression démographique galopante, occupation illégale, braconnage et méconnaissance de ses limites par les populations autochtones, le parc subit des agressions multiples.

Guy KILUMBA, directeur national FFI

Le directeur national de Fauna & Flora International Guy KILUMBA a brossé un tableau sans complaisance : « La conservation de Maiko ne peut plus se faire sans des mécanismes innovants et partagés. Notre partenariat avec l’ICCN s’inscrit dans une logique de cogestion pour préserver cet écosystème unique, sa biodiversité exceptionnelle et ses services environnementaux indispensables. »

Une vision participative et inclusive

La réunion du CoCoši se veut une réponse à ces défis. En ouverture des travaux, le vice-gouverneur Didier Lomoyo Iteku, tout en saluant l’engagement du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour la cause environnementale, a invité les participants à « une attention soutenue et à l’abnégation à travers les mécanismes mis en place pour une gestion efficace du parc. »

Il a également remercié Fauna & Flora International pour sa contribution à la conservation de Maiko, dans le strict respect des clauses contractuelles avec l’ICCN.

Nouveaux mécanismes, nouvelle ère de gestion

La session actuelle intervient à un moment stratégique. En août 2024, l’ICCN et Fauna & Flora International ont signé un accord de cogestion du PNM. Dans le cadre de cette nouvelle dynamique, deux structures clés sont en cours de mise en place : le Comité de Pilotage du Parc National de la Maiko (CPPNM) et l’Unité de Gestion (UGPHM).

À travers ces organes, l’objectif est clair : assurer la gouvernance, la planification, le financement et la coordination des efforts de conservation du parc et de sa zone périphérique, dans un esprit de synergie entre tous les acteurs.

L’un des moments forts de cette session est l’élaboration du Plan d’Aménagement et de Gestion (PAG) du parc. Après une première phase de discussions lancée à Nairobi en mars dernier, le CoCoši entend finaliser ce document stratégique, outil de référence pour les actions de terrain entre mi-2025 et mi-2026.

Joël Wengamulay, Directeur ICCN

Impliquer les communautés pour mieux préserver

Le directeur de la coopération de l’ICCN, Joël Wengamulay, représentant le Directeur Général, a souligné l’importance de la Tshopo dans la politique nationale de conservation, avec les parcs de la Lomami et de la Maiko comme piliers majeurs. Il a rappelé que l’approche participative adoptée par l’ICCN vise à impliquer activement les communautés locales dans la protection de la nature, en tenant compte de leurs besoins et de leur rôle essentiel dans la gestion durable des aires protégées.

La stratégie nationale de conservation communautaire, appuyée par la nouvelle loi sur la conservation de la nature, consacre désormais cette participation dans toutes les grandes décisions concernant les parcs.

Vers une mutualisation des efforts

Les travaux du CoCoši ont ainsi pour objectifs de sensibiliser tous les acteurs du PNM sur les défis actuels, de valider les actions prioritaires à mettre en œuvre sur la période 2025-2026, mais aussi de recueillir les contributions de chacun pour renforcer la coordination et la mutualisation des efforts.

En rassemblant autour de la même table autorités, gestionnaires, ONG, scientifiques et communautés, cette session constitue un jalon important pour faire du Parc National de la Maiko un modèle de conservation efficace, inclusive et durable.

Une mission ambitieuse, certes, mais indispensable pour préserver ce joyau naturel menacé, au bénéfice des générations présentes et futures.