Choléra dans la Tshopo : situation critique à Opala, mais quelques signes d’amélioration.

Redaction
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Opala, juillet 2025 – La province de la Tshopo continue de faire face à une épidémie de choléra alarmante, avec la zone de santé d’Opala en ligne de front. À la semaine épidémiologique 28, les données cumulées font état de 920 cas notifiés, dont 43 décès. Cette flambée souligne l’ampleur de la crise sanitaire que traverse actuellement cette partie orientale de la République Démocratique du Congo.

Sur les 23 aires de santé que compte la zone de santé d’Opala, 12 sont déjà touchées, soit 53 % du territoire sanitaire. La situation est particulièrement préoccupante dans l’Aire de santé Lerema Kembe, qui détient le triste record avec 49 cas recensés à la dernière mise à jour épidémiologique.

Quelques lueurs d’espoir

Malgré cette tendance générale inquiétante, des signes d’amélioration commencent à se dessiner. C’est notamment le cas dans les Aires de santé Lekatero 1 et Lohumonoko, où aucun nouveau cas n’a été notifié à la semaine 28, contre respectivement 3 et 4 cas une semaine plus tôt. Cette évolution positive est attribuée à une meilleure prise en charge des malades et à des efforts de sensibilisation communautaire.

Distribution des aquatables : une riposte partielle

Sur le terrain, la distribution des aquatables (comprimés pour la désinfection de l’eau) constitue l’un des principaux moyens de prévention. À ce titre, 1 040 aquatables ont été distribués dans l’Aire de santé d’Opala, 137 dans Lomami et 94 dans Letutu Yakuma. Ces chiffres montrent un engagement certain, mais les lacunes restent criantes.

Aucune source d’eau n’a été aménagée ni traitée, et aucun puits n’a été désinfecté jusqu’à présent. Cette carence infrastructurelle affaiblit l’impact des actions préventives et compromet les résultats attendus à long terme.

Sensibilisation : la jeunesse en première ligne

Face à ces défis, la mobilisation communautaire se poursuit. Dans l’Aire de santé Lerema Kembe, des activités de sensibilisation ciblent les jeunes, considérés comme vecteurs clés du changement de comportement. À Lomami, des séances éducatives ont été organisées pour les élèves de l’institut Opala, avec pour objectif de promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène et de salubrité.

Une riposte multisectorielle attendue

Les conclusions issues de la 8ᵉ réunion de la coordination de lutte contre l’épidémie de choléra dans la zone de santé d’Opala mettent en évidence une riposte encore fragmentaire. Si les actions de sensibilisation et les soins curatifs progressent, l’insuffisance d’infrastructures d’eau potable constitue une sérieuse entrave à l’endiguement durable de l’épidémie.

Face à la progression du choléra, une synergie d’actions entre les autorités sanitaires, les partenaires humanitaires et les communautés locales s’impose d’urgence pour renforcer les réponses à la fois médicales, logistiques et sociales.

La Tshopo ne peut pas se permettre une normalisation du choléra. Chaque semaine compte. Chaque geste d’hygiène, chaque aquatable distribué, chaque source aménagée peut faire la différence entre la vie et la mort.

VTL