
La République Démocratique du Congo dispose bel et bien des instruments juridiques, des textes légaux et réglementaires qui constituent le dispositif institutionnel du pilotage des finances publiques.
Mais dans la pratique, il s’observe à l’issue du décryptage de toutes les trois interventions que les textes ne sont que de nom. La pratique des finances publiques repose plutôt sur les attitudes totalement déconnectées de la réalité et du bon sens. C’est ce qu’on peut retenir de l’importante conférence scientifique organisée par la faculté des sciences économiques et de gestion de l’université de Kisangani. C’était le mercredi 24 avril 2024 à l’amphithéâtre de l’unikis avec comme orateur principal Docteur André BONA KABAMBA, directeur chef de service de préparation à la reddition des comptes au ministère des Finances de la RDC, docteur à thèse en sciences économiques et enseignant d’université. Madame Yolande EBONGO BOSSONGO, ancienne ministre de la fonction publique et doctorant en sciences économiques et Professeur Ordinaire Jean OTEMIKONGO Mandefu, enseignant à la faculté des sciences sociales administratives et politiques à l’unikis, tous deux respectivement intervenant et discutant.

Cadre institutionnel des finances publiques en République Démocratique du Congo est le thème au centre de cet exercice scientifique qui a connu la participation de nombreux enseignants et étudiants de l’université de Kisangani remplissant ainsi la salle.
Il a été démontré que sur plusieurs années depuis l’époque du Zaïre jusqu’à ce jour, le budget de la République est toujours voté en équilibre exante. Mais l’exécution de ce budget est toujours butée à un déséquilibre insolant, ce qui nous plonge dans un cycle de marquer les pas et la conséquence, c’est que malgré le fait que le parlement vote chaque année le budget, il n’y a aucun changement sur le plan social.
Le président de la République donne l’impulsion à travers sa vision, le ministère du plan transforme la vision du chef de l’État en un programme de développement et le budget qui devrait être le reflet de ce programme devrait normalement partir de tous les services mobilisateurs c’est-à-dire les différents secteurs de la vie de l’État tenant compte des véritables besoins de la population, de la société et les défis de la République. Mais lorsque chacune des parties vient dans l’élaboration du budget avec des besoins.

Il arrive que dans l’exécution du budget, il y a des ministères qui sont considérés comme des ministères importants plus que les autres procèdent à ce qu’on appelle dès virements des crédits. Vous allez voir par exemple pour le secteur de l’éducation, il est prévu un montant X qui représenterait 5 ou 7% du budget, mais dans l’exécution du budget, vous allez voir que l’éducation ne représente que 1%. D’où vient le déséquilibre ? C’est parce que pendant l’exécution les acteurs influents vont jusqu’au delà des crédits fixés sur leurs lignes de responsabilité.

Ce comportement expansionniste de certains acteurs au sein du gouvernement est à la base de ce disfonctionnement qui vient d’être décrié, résume le doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion de l’unikis, le professeur Janvier EGUDRA Nyadri. Ce dernier a, au début comme à la fin des échanges, déclaré que que c’est un privilège, un honneur et un motif de joie d’avoir réussi à réunir dans cette grande cathédrale de la science, notre amphithéâtre, cette foule qui est venue répondre à cette invitation lancée par la faculté.
FROK
