KISANGANI – Dix ans après sa création, le cimetière moderne Paradiso, entre Lune et Soleil, s’impose comme un lieu de mémoire pour la corporation journalistique de Kisangani. Dimanche, à l’issue d’une messe d’action de grâce célébrée pour marquer cet anniversaire, une délégation de l’Union Nationale de la Presse du Congo, conduite par son secrétaire général adjoint Ernest Mukuli Kasongo, s’est recueillie sur les tombes des confrères inhumés sur le site.
Accompagné des journalistes présents, Ernest Mukuli a parcouru lentement l’allée dédiée aux professionnels des médias. Un geste simple, mais chargé de symboles. Devant chaque sépulture, un silence. Un salut. La reconnaissance d’une corporation envers ceux qui ont fait vivre l’information à Kisangani jusqu’à leur dernier souffle.
« C’est la reconnaissance de la communauté vis-à-vis de notre corporation et particulièrement de la coordination du cimetière moderne Paradiso », a déclaré Ernest Mukuli, visiblement ému. « Parce qu’il y a tout un quartier ici pour la presse. Nous comptons une dizaine de journalistes de Kisangani qui ont été enterrés dignement dans ce cimetière. »
Le responsable de l’UNPC salue une initiative qui tranche avec l’oubli qui frappe souvent les travailleurs de l’information une fois la plume posée. Pour lui, Paradiso a offert plus qu’un lopin de terre : une place d’honneur.
« Aujourd’hui, avec ces dix ans d’existence, c’est un sentiment à la fois de chagrin, parce que ce sont des êtres chers, des grands journalistes, les gens qui ont rendu des loyaux services à la nation à travers leurs micros, leurs caméras et leurs plumes », a-t-il poursuivi. « Et que dix années aujourd’hui, ici au cimetière Paradiso, nous ne pouvons que rendre grâce à Dieu. »
Parmi les noms gravés dans la mémoire collective et reposant désormais à Paradiso figurent Étienne Bwande Bwanapua, José des Chartes Menga, Napoléon Loicha, Cécile Losolo, Nickens Bakoko, Paul Lotika Wanyangua dit Mosantu Polo, Norbert Kisanga Yenge, Dieudonné Ali Fundi Mboko, Henry Mutombo, Jacques Kasongo Mubanda, et d’autres encore. Des voix de radio, des signatures de presse écrite, des regards derrière la caméra qui ont marqué plusieurs générations de Boyomais.
Ernest Mukuli conclut sur un appel : « Nous espérons que la société, la communauté congolaise, va continuer à poser des gestes pareils comme le cimetière Paradiso en réservant des places de choix pour honorer tous les journalistes. »
En dix ans, Paradiso a fait plus que gérer la mort. Il a appris à honorer la vie professionnelle de ceux qui l’ont racontée. Pour Kisangani, ce quartier de la presse est devenu un devoir de mémoire. Pour la corporation, un exemple à suivre.
Frok
