KISANGANI – Une page se tourne à la Radio-Télévision Nationale Congolaise, station provinciale de la Tshopo. Sur décision du Conseil d’administration, exécutée par Madame la Directrice Générale de la RTNC, plusieurs cadres et agents sont admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Parmi eux, une figure familière des foyers boyomais : Prosper Fundi Malanda Wa Batiaferi.
Pendant près de quatre décennies, leurs voix ont informé, rassuré et accompagné les populations. Derrière un microphone, devant une caméra ou dans l’ombre des régies et des services d’appui, ces professionnels ont incarné avec professionnalisme, rigueur et passion les valeurs du service public. Leur départ marque la fin d’un chapitre important de l’histoire de la RTNC Tshopo.
Si, dans les prochains jours, les auditeurs et téléspectateurs ne retrouveront plus certaines voix familières ni certains visages emblématiques, leur héritage restera vivant dans la mémoire du public et dans les souvenirs de l’ex La Voix du Zaïre.
37 ans entre la craie et le micro
Né à Ubundu le 4 juin 1954, Prosper Fundi n’était pas destiné à la radio. Après des études primaires à Ubundu, il obtient le brevet du cycle d’orientation puis le brevet d’instituteur à l’Institut Kalindula. Enfin, il va poursuivre ses études secondaires pour obtenir le diplôme d’État et les études supérieures à l’ISP Lubutu pour obtenir la licence en français et langues africaines.
Il commence sa carrière professionnelle comme enseignant dans les territoires de Banalia et d’Ubundu, avant que son parcours ne prenne un virage décisif.
Rappelé à Kisangani par le député national Kiamodja Prosper, il gère pour lui plusieurs affaires : hôtel, rizerie, nganda. C’est en 1997 que la RTNC le recrute, lui et 11 autres collègues dont Maurice Abibu, Christophe Lokangu, Jean Stanis Bilanga, Jean Jacques Abasiko, César Lupuku, Napoléon Loicha(+), Paul Lotika(+), Henry Balombe(+), Camile Aloma.
Une voix devenue familière, une vie d’engagement
Au micro, Prosper Fundi s’impose rapidement. Il devient une voix reconnue, animant en langue swahili des émissions qui ont marqué l’audimat provincial : Rekodi za Waombadji, Kisangani Simama, Tujue. Son professionnalisme lui vaut d’être désigné chef de cité d’Ubundu, puis attaché de presse du commissaire du district de la Tshopo à l’époque de la Province Orientale.
La carrière n’a pas été sans épreuves. Il évoque avec lucidité deux suspensions pour ses prestations à l’antenne. « Ces suspensions ont constitué pour moi une leçon de vie. Elles m’ont aidé à me ressaisir, à ne plus me conduire mal et à respecter la déontologie professionnelle », confie-t-il à cœur ouvert.
« La RTNC est ma maison »
Au moment de partir, l’homme rend grâce. D’abord à Dieu Tout-Puissant, ensuite à la Directrice Générale de la RTNC et à tous ses collègues avec qui il a œuvré pendant des années.
« La RTNC est ma maison. En dépit de la retraite, je la visiterai régulièrement », assure-t-il. Il s’adresse aussi aux innombrables auditeurs et téléspectateurs qui l’ont suivi à travers ses journaux parlés et télévisés : « Merci. Continuez à suivre la RTNC. Des confrères nous ont précédés, aujourd’hui c’est notre tour. D’autres collègues qui viennent après nous continueront à travailler. »
Son message aux jeunes journalistes est sans détour : « Suivez nos exemples. Car une retraite honorable n’est pas une chose facile. »
Avec le départ de Prosper Fundi et de ses collègues, la RTNC Tshopo perd des piliers. Mais la mémoire de leur engagement reste, gravée dans les archives sonores et dans l’oreille des Boyomais qui ont grandi avec leur voix.
Frok
