Kisangani, 26 novembre 2025.
Un cadre de concertation inédit réunissant autorités provinciales, communautés locales, responsables de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et partenaires techniques s’est ouvert mardi à Kisangani, avec l’ambition d’imprimer un tournant décisif à la gestion du parc national de la Maïko, l’un des sanctuaires écologiques les plus isolés et les plus riches du pays.

En lançant les travaux, le gouverneur intérimaire de la Tshopo, Didier Lomoyo Iteku, a souligné l’importance stratégique de ce forum pour la préservation du patrimoine naturel régional.
« Ce dialogue marque une étape majeure dans la construction d’un modèle de gestion qui tienne compte à la fois de la nécessité de protéger nos espèces emblématiques et du rôle fondamental des communautés riveraines », a-t-il déclaré, insistant sur la responsabilité collective dans la sauvegarde de cet écosystème unique.
Au cœur des échanges figure la nouvelle architecture de gouvernance fondée sur la co-gestion entre l’ICCN et l’organisation Fauna & Flora International (FFI). Ce dispositif, encore en phase d’implantation, mise sur la participation éclairée des communautés locales et autochtones.
« La co-gestion implique transparence, responsabilité partagée et résultats mesurables. Rien ne pourra avancer sans l’adhésion pleine et entière des populations qui vivent au contact direct du parc », a rappelé Matthieu Mirambo Bin Mirambo, directeur chef de site du parc de la Maïko.

L’ICCN ambitionne de faire du Maïko un laboratoire national de gestion participative, rompant avec les approches centrées uniquement sur le contrôle sécuritaire.
« Nous voulons des aires protégées gérées avec les communautés, et non plus seulement protégées contre elles », a insisté Paulin Tshikaya, directeur technique et scientifique de l’Institut, plaidant pour une conservation « socialement soutenable « .
Les travaux devraient aboutir à une feuille de route commune ainsi qu’à la création d’un mécanisme permanent de suivi, destiné à garantir que les engagements pris se traduisent en actions concrètes, tant en matière de lutte contre les pressions sur la biodiversité que d’amélioration des conditions de vie des populations.
