Kisangani : Lubunga à l’arrêt, une colère populaire contre l’asphaltage à géométrie variable

Redaction
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La commune de Lubunga s’est réveillée ce lundi sous le signe de la paralysie. À l’appel des mouvements associatifs locaux, les habitants ont observé une opération « commune morte », marquée notamment par l’arrêt total des traversées en pirogue, axe vital reliant cette municipalité au centre-ville de Kisangani.

Derrière cette mobilisation, un sentiment d’injustice grandissant. Les organisateurs dénoncent un traitement inégal dans la mise en œuvre des projets d’infrastructures urbaines. Selon eux, les travaux d’asphaltage progressent sans entrave dans les cinq autres communes de la ville, tandis que Lubunga reste en marge, « comme si elle ne faisait pas partie de la ville boyomaise ». Une situation que les manifestants qualifient de « deux poids, deux mesures », traduisant une fracture de plus en plus perceptible entre les discours officiels et la réalité du terrain.
La réponse des autorités locales n’a pas tardé. Le bourgmestre Baudouin Kanyongo Bulaya a appelé la population au calme et à la reprise des activités quotidiennes. Pour lui, les revendications exprimées par les manifestants manquent de fondement. Il affirme que le gouvernement de la République a déjà procédé au décaissement des fonds destinés à l’asphaltage de la voirie urbaine de Lubunga.
Selon l’autorité municipale, le retard observé serait exclusivement imputable à l’entreprise en charge des travaux, accusée de lenteur dans l’exécution. « Il ne sert à rien de manifester pour un dossier qui a déjà une solution », a-t-il martelé.

Mais sur le terrain, cette explication peine à convaincre. Pour Prince Héritier Isomela Abedi, président de la société civile Sauti ya Lubunga, cette manifestation pacifique vise avant tout à alerter les autorités sur l’urgence de la situation. « Jusqu’à présent, aucun signe visible ne montre que les travaux d’asphaltage vont effectivement démarrer », déplore-t-il.
Il précise que cette initiative émane conjointement du conseil communal de la jeunesse et des structures de la société civile, avec l’appui des confessions religieuses locales. Une mobilisation transversale qui illustre l’ampleur du mécontentement au sein de la communauté.