Le collectif des mouvements citoyens de Kisangani a tenu, mardi, un point de presse marqué par deux sujets phares : la libération et l’acquittement de l’activiste Jedidia Mabela, ainsi que la récente destitution de Paulin Lendongolia Lebabonga, ex-gouverneur de la Tshopo.
Prenant la parole devant la presse, Zacharie Kingombe, porte-parole du collectif et militant du mouvement LUCHA, a salué « la décision responsable et historique » de l’Assemblée provinciale de la Tshopo. Selon lui, en votant la motion de défiance contre le gouverneur, les députés « ont écouté la voix du peuple fatigué d’une gestion marquée par les irrégularités et le manque de redevabilité ».
Une longue lutte pour la transparence
M. Kingombe a rappelé que les mouvements citoyens se sont engagés depuis plusieurs mois à interpeller les autorités provinciales sur les dérives dans la gouvernance publique.
« Dès le 29 septembre, nous avions saisi officiellement le président de l’Assemblée provinciale pour exiger un contrôle parlementaire rigoureux », a-t-il rappelé.
Le collectif avait d’ailleurs organisé un sit-in pacifique le 30 septembre, jour de l’ouverture de la session budgétaire, afin d’alerter sur la dégradation de la situation socio-économique dans la Tshopo. La manifestation avait été dispersée par la police, et l’un de leurs membres, Jedidia Mabela, arrêté et condamné à six mois de prison pour “propagation de faux bruits”.
« Nous saluons sa libération et son acquittement en appel prononcé le lundi 27 octobre », a déclaré le porte-parole, dénonçant au passage « une tentative d’intimidation » visant à faire taire les voix citoyennes.
Appel à la justice et à la reddition des comptes
Revenant sur la destitution du gouverneur Lendongolia, les mouvements citoyens ont félicité les élus provinciaux pour leur « courage patriotique » et ont appelé les instances judiciaires à ouvrir des enquêtes sur plusieurs dossiers présumés de mauvaise gestion.
Parmi ceux-ci, ils citent l’utilisation des fonds destinés à des projets d’intérêt public, notamment ceux alloués à la commémoration du 60e anniversaire de Sainte Anuarite Nengapeta et à divers travaux de réhabilitation restés sans suite.
« Il ne suffit pas de déchoir un gouverneur. Il faut désormais que justice soit faite pour chaque franc public détourné », a insisté Kingombe, avant d’appeler les citoyens de la Tshopo à rester vigilants et mobilisés pour une gouvernance plus transparente et participative.
Un signal fort pour la démocratie provinciale
Pour le collectif, cette séquence politique — marquée à la fois par la libération d’un activiste et la chute d’un gouverneur — constitue un tournant pour la démocratie locale.
« C’est la preuve que la société civile, lorsqu’elle agit dans la vérité et la persévérance, peut faire bouger les lignes », a conclu le militant.
Les mouvements citoyens de Kisangani promettent de poursuivre leurs actions en faveur de la bonne gouvernance, de la justice sociale et du respect des droits civiques, dans un contexte politique encore fragile mais porteur d’espoir pour la province de la Tshopo.
