Clôture du colloque international de philosophie à l’Université de Kisangani: Trois jours pour réinventer la pensée

Redaction
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Les lampions s’éteignent ce samedi dans la salle Monaco de l’Université de Kisangani, mettant un terme à trois jours d’intenses réflexions consacrées à la place de la philosophie dans un monde en mutation. Du 26 au 28 mars 2026, le département de philosophie de la Faculté des Lettres et Sciences humaines y a réuni chercheurs, enseignants et penseurs à l’occasion de son jubilé d’argent.


Placées sous le thème évocateur « La philosophie face aux défis de la société et du monde contemporain », ces assises avaient pour ambition de réhabiliter la portée pratique de la philosophie, souvent perçue comme abstraite, en la replaçant au cœur des préoccupations humaines. Dès l’ouverture, assurée jeudi à l’amphithéâtre par le secrétaire général à la recherche de l’université, le ton était donné : il s’agissait de faire comprendre à la communauté scientifique et au grand public le bien-fondé de cette discipline dans la construction du sens et de la responsabilité.
Au fil des communications, plusieurs axes majeurs ont structuré les débats. Le premier, consacré au triptyque « philosophie, métaphysique et crise du sens », a interrogé la capacité de la pensée philosophique à redonner une orientation à l’existence dans un monde dominé par la technique, la consommation et le relativisme. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de réhabiliter la dimension métaphysique et spirituelle pour répondre au malaise contemporain.
Dans le registre « philosophie, éthique et responsabilité », les échanges ont porté sur les fondements d’une éthique universelle apte à éclairer les crises morales actuelles. Les participants ont notamment évoqué la responsabilité du philosophe face aux injustices sociales et aux menaces planétaires telles que les guerres, la déforestation, la désertification ou encore le réchauffement climatique, appelant à une pensée engagée et lucide.
L’axe « philosophie, logique, épistémologie, science et technologie » a, quant à lui, ouvert des perspectives sur les mutations de la rationalité à l’ère du numérique. Des questions cruciales ont été abordées, notamment les défis posés par les biotechnologies, l’impact de l’intelligence artificielle sur la pensée critique, ainsi que la lutte contre les pseudo-savoirs à travers une redéfinition des critères de vérité. Les échanges ont également interrogé la place de l’humain dans un contexte postmoderne fortement technicisé.
Enfin, les discussions autour de « philosophie, éducation et culture » ont mis en lumière le rôle fondamental de cette discipline dans la formation de l’esprit critique et du citoyen responsable. Les participants ont plaidé pour un enseignement renouvelé de la philosophie, capable de répondre aux enjeux éducatifs contemporains et de renforcer la culture démocratique.
Au terme de ces travaux, une conviction semble s’imposer : loin d’être un luxe intellectuel, la philosophie apparaît comme une nécessité vitale pour penser, orienter et humaniser le monde d’aujourd’hui. À Kisangani, ce colloque aura ainsi servi de tribune pour rappeler que, face aux incertitudes globales, la réflexion philosophique demeure un outil irremplaçable de compréhension et d’action.

FROK