Bas-Uele : Tramadol, réseaux sociaux, réfugiés; le cri d’alarme du vice-président de l’Assemblée provinciale Antoine Gambolipay

Redaction
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Bas-uele, 30 juin 2025 (Dépêches de la Tshopo) – Les députés provinciaux du Bas-Uélé sont officiellement en vacances parlementaires depuis ce samedi 28 juin 2025. C’est au cours d’une cérémonie solennelle, empreinte à la fois de gravité et d’espoir, que la session ordinaire de mars a été clôturée dans l’hémicycle de l’Assemblée provinciale, sous la conduite du vice-président de cette institution, l’honorable Antoine Gambolipay.

En présence de plusieurs autorités politico-administratives, Antoine Gambolipay a dressé un bilan lucide de la session, rappelant que sur les 24 matières inscrites au calendrier, certaines n’ont pas été examinées. Parmi elles : la synthèse des rapports des vacances parlementaires et l’adoption tant attendue du Règlement financier de l’Assemblée provinciale. Conscient de leur importance, il a annoncé la convocation prochaine d’une session extraordinaire pour statuer sur ces dossiers urgents.

Une tribune pour éveiller les consciences

Loin de se limiter à un simple rapport administratif, le discours de clôture de l’honorable Gambolipay s’est transformé en une vibrante interpellation collective. « L’heure n’est point au long discours », a-t-il prévenu, avant de pointer sans détour quatre maux majeurs qui entravent le développement du Bas-Uélé : l’enclavement des routes, le phénomène des réseaux sociaux, l’usage abusif de stupéfiants par la jeunesse, et l’afflux massif des réfugiés centrafricains à Zapay, dans le territoire d’Ango.

Concernant l’état des infrastructures, le vice-président de l’Assemblée a salué les efforts du gouverneur provincial pour la réhabilitation du tronçon Buta-Télé, tout en appelant à une mobilisation collective : « Faut-il tout attendre de l’exécutif provincial ? Hélas non. […] Les administrateurs, chefs coutumiers, chefs de villages doivent redevenir les catalyseurs de l’action communautaire. »

Réseaux sociaux : fléau ou outil de développement ?

Dans un ton ferme, Antoine Gambolipay s’est insurgé contre l’utilisation anarchique des réseaux sociaux. Selon lui, ces plateformes « distillent à longueur de journée des messages de haine, des injures, et des propos discourtois au nom de la liberté d’expression ». Il a plaidé pour l’application rigoureuse du Code du numérique afin de préserver la cohésion sociale et l’image des institutions dans le Bas-Uélé.

Fléau du tramadol : la jeunesse en danger

Autre sujet d’inquiétude : la banalisation de la consommation du tramadol, rebaptisé localement tramador. L’élu de Buta dénonce la prolifération de « QG » dans les quartiers, véritables repaires de consommation de stupéfiants, générant violences, vols, et insécurité routière. Il en appelle à une répression sans complaisance pour sauver une jeunesse en dérive.

Réfugiés centrafricains : un appel au HCR

La situation humanitaire à Zapay est aussi au cœur des préoccupations. L’afflux de réfugiés centrafricains inquiète les autorités locales et suscite des tensions avec la population autochtone. Antoine Gambolipay a exhorté le gouverneur à saisir le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) afin d’obtenir une relocalisation vers le camp Kalabu, au chef-lieu du territoire d’Ango.

Hommages et espérance

Le vice-président de l’Assemblée n’a pas manqué de saluer la diplomatie proactive du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, notamment à travers l’accord de paix historique signé avec le Rwanda le 27 juin 2025 aux États-Unis. Il a aussi adressé ses remerciements à la Sénatrice Carole Agito, affectueusement surnommée maman ya Tombwa, pour sa prise en charge des frais des Examens d’État pour tous les finalistes du Bas-Uélé.

Une clôture sur fond de patriotisme

À la veille de la commémoration du 65e anniversaire de l’indépendance de la RDC, Antoine Gambolipay a lancé un appel vibrant à l’unité, à la conscience citoyenne, et au courage politique : « Réveillons-nous de ce sommeil dogmatique qui nous maintient dans l’attentisme », a-t-il lancé, citant le philosophe Emmanuel Lévinas : “Nous sommes tous responsables de tout et de tous, mais moi plus que tous les autres.”

C’est sur cette note mêlant responsabilité, espoir et mobilisation que la session de mars 2025 s’est achevée. Le Bas-Uélé tourne ainsi la page de trois mois d’activités parlementaires, avec l’urgence d’affronter ses défis et la promesse d’un avenir à construire, ensemble.

FROK