Bas-uele : RSF exige la réouverture de la radio liberté Buta et la libération de son technicien.

BAS-UELE : RSF EXIGE LA RÉOUVERTURE DE LA RADIO LIBERTÉ BUTA ET LA LIBÉRATION DE SON TECHNICIEN.

Dans un communiqué rendu public ce mercredi 11 décembre 2019 par le média en ligne essentiel.net, Reporters sans frontières (RSF) demande la libération immédiate du technicien d’une radio du nord de la République démocratique du Congo (RDC), arrêté par la police qui a procédé par la même occasion à la fermeture du média.

La fermeture de Radio Liberté Buta, située dans la province du Bas-Uélé au nord de la RDC, et l’arrestation de l’un de ses techniciens à la suite d’un raid de la police le 28 novembre dernier a tout l’air d’un règlement de comptes.

Alors que la radio diffusait en différé une émission dans laquelle intervenait le vice-président de l’assemblée provinciale, les forces de l’ordre ont arrêté son régisseur d’antenne, Junior Supa, faute d’avoir trouvé sur place le responsable politique qui se livrait à une critique de l’actuelle gestion de la province.

Du matériel de diffusion a été saisi et la radio placée sous scellés dès le lendemain. Selon Journaliste en danger (JED), organisation partenaire de RSF, un mandat d’arrêt a également été émis contre le directeur de la radio Jules Kasikila. Craignant pour sa sécurité, il vit désormais en clandestinité.

La radio est une station proche du Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, un des leaders de l’opposition.

“Il est complètement inacceptable que ce média et son technicien fassent les frais des rivalités politiques locales, dénonce Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Après plus de dix jours de détention et alors qu’il n’a commis aucune infraction rien ne justifie que ce collaborateur de média passe une minute de plus derrière les barreaux. Il n’est pas une monnaie d’échange ! Nous demandons sa libération immédiate, la restitution du matériel de la radio et la reprise de ses activités”.

Joint au téléphone par RSF, le ministre de la Communication et des Médias de la province du Bas-Uélé, Floribert Inga, a dit “regretter la situation de ce technicien”, reconnaissant que la diffusion de cette interview “ne relevait pas de sa responsabilité”, mais dénonçant les propos tenus sur ce média qui, selon lui, incitent fréquemment aux “troubles à l’ordre public” et au “soulèvement contre les institutions”.

Le 12 novembre, lors d’un entretien entre RSF, JED et Felix Tshisekedi, en marge du forum de Paris sur la paix, le président congolais a soutenu l’idée d’un moratoire sur les arrestations de journalistes dans l’exercice de leurs fonctions en attendant que la loi sur la presse de 1996 soit révisée.

Cette dernière prévoit que les auteurs de poursuites contre un journaliste d’engager puissent engager des procédures incluant des mesures privatives de liberté. Malgré l’arrivée des nouvelles autorités il y a près d’un an, les arrestations arbitraires de journalistes sont encore fréquentes en RDC. Poursuivi pour des faits de diffamation, le directeur de publication des Nouvelles du Soir, Achiko Ngaya, était resté cinq jours en prison fin octobre.

Lors d’une mission conjointe qui s’est déroulée du 14 au 18 octobre à Kinshasa, huit députés et sénateurs rencontrés à Kinshasa ont accepté de faire partie d’un « groupe de parlementaires amis de la liberté de la presse » constitué par JED et RSF pour défendre l’urgence d’une réforme du cadre légal répressif et obsolète qui régit actuellement l’exercice du journalisme dans le pays.

La RDC occupe actuellement la 154e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de presse établi par RSF.

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